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Et si on reparlait des mystérès de Rennes le château...

Rennes-le-Chateau-une-affaire-paradoxale.jpgJ'ai eu l'occasion d'entrer en contact avec un auteur qui s'intéresse à la geste d'un certain R.P. Martin de Hauteclaire, de son vrai nom Christian Couderc. Il est tombé son mon texte à ce sujet. Je suis le seul (ex) guénonien a avoir mis l'accent sur l'imposture de ce personnage, imposture dans laquelle a trempé un certain Jean Robin. Toutefois, je découvre que Jean-Paul Bourre en aurait fait mention dans son Orgueil des fous, livre datant de 1979 que je n'ai jamais lu et dont je ne connaissais même pas l'existence. On n'a pas manqué de traité Robin de "contre-initié" mais personne n'a eu la curiosité de chercher qui se cachait derrière ce pseudo "Hauteclaire". Je tairai le nom de l'auteur concerné qui avec une amie à lui a troussé trois livres qui ne manquent pas d'intérêt à propos de certaines énigmes.

M'étant enhardi à lui passer mon texte sur un dernier épisode à propos de Rennes le Château, il m'en a félicité. Ce texte était sur l'ancien blog et il a disparu avec lui. Il n'est pas inutile de le redonner mais je dois l'accompagner de quelques commentaires.

Ce dont on parle dans ce texte est assez périphérique à l'affaire initiale. Il est douteux que l'abbé Saunière ait découvert un trésor fabuleux, l'industrie de son trafic de messe et l'existence de subvention de la part d'un groupe de catholiques légitimiste qui reste plus ou moins à identifier suffit à expliquer sa geste. Saunière a connu une certaine gêne du fait du procès intenté par son dernier évêque et à du amputer une rente de 20 000 F de l'époque d'un quart pour solder ses dernières factures. Il a certes découvert des pièces et des bijoux dans un caveau mais il s'agit d'un trésor relativement modeste et assez moderne.

J'ai relu ce texte, si j'avais le temps et surtout le courage, j'abrégerais certains passages qui risquent de paraître un peu lourdingues pour qui n'a pas suivi, à l'époque les événements qu'ils s'agissait de commenter. Une erreur est à rectifier à savoir qu'un certain "transexuel" qui s'était manifesté sur un forum, est bien un homme mais il ne s'est point agi de Franck Daffos qui est la principale cible de mon étude.

La seule vraie nouveauté est le massacre à la hache du diable soutenant le bénitier rennais pas une musulmane que l'on dit non fondamentaliste et assez lettrée puisqu'elle a travaillé dans un cabinet d'avocat. Ca s'est passé lors du premier tour des dernières présidentielle.

J'ai le projet de poursuivre le travail de démythification d'un certain Octonovo mais j'ignore si j'aurai le courage de le mener à bien. Certains se distraient du caractère lamentable des minables évolutions du "milieu guénonien" en lisant ou relisant des Agatha Christie et il me semble plus utile de s'amuser en essayant de déniaiser le monde de certaines supercheries. Or l'exemple de Rennes le Château est emblématique d'une somme de végétations délirantes à nulle autres pareils tant du point de vue de la quantité que du génie imaginatif.

Mais les notes prises tendent à ressembler à un livre. D'une part à des lecteurs très avares du moindre merci c'est donner du lard à des cochons et d'autre part, le publier en version papier payante c'est risque un bide. Quelque soit le sujet, les gens n'achètent pas des livres qui cassent leur rêves, pire encore ces livres quand il existent deviennent comme invisibles...  Je ne peux donc pas n'engager à mener l'expérience à son terme.

Je me demande du reste comment j'ai pu lire de la première à la dernière page certains ouvrages tel la fameuse colline envoûtée de Jean Robin, sans parler d'un livre de Patrick Ferté et celui d'un Michel Lamy sur Jules Verne initié et initiateur, le premier tendant à vouloir prouver que Maurice Leblanc et son Arsène Lupin contiendraient des allusions à l'affaire de Rennes. Chez le premier la mention d'un Capitaine Bugarach me parait une présomption assez faible et quant au second, le cas est plus délicat... Enfin je reste assez persuadé que s'il existe des allusions "ésotériques" chez les auteurs visées, elles ne concernent en rien l'affaire du curé Saunière.

La problème c'est de repartir des faits avérés, or même Jean Robin tout en ayant averti son public qu'il allait leur casser la baraque n'a pas pu s'empêcher de prendre pour argent comptant les grandes lignes de la légende crée par Gérard de Sède à l'instigation d'un certain Pierre Plantard. Jean Robin n'a jamais mis en cause le prétendu voyage de Saunière à Paris suite à la découverte par ce dernier de parchemins dans un pilier wisigothique. Il existe du reste un problème avec ce pilier quand un Captier présente la photo d'un pilier qui n'a rien de tel...

Le problème est que les journaux et livre de comptes de Saunière ne sont connus qu'à partir de 1896, soit plusieurs années après la découverte dans le fameux pilier. Pilier wisogothique retourné et en pierre qui supporte une chapelle de la vierge de Lourdes. A ce propos Jean Robin a fait des gorges chaudes du retournement de la chose, sans se rendre compte que si le curé Saunière a agi ainsi c'est parce c'était la seule façon d'y inscrire le souvenir d'une certaine mission car s'il avait respecté le sens originel du pilier la mention aurait du se trouve à même le sol et non sous les pieds de la statue. Quand on en arrive à des méprises aussi grossières, soit on le fait exprès pour avoir quelque chose à dire soit on est presque aussi taré que les gens qu'il s'agit de critiquer.

Evidemment, le livre sur Seth, et plus encore celui sur l'affaire Orth n'aurait été que des "provocations" (dixit in La France du Graal) alors que le dernier cité n'est qu'une pure affabulation, thèse qui ne m'avait pas échappé. Sauf qu'avec le recul ça devient encore plus évident quand on a fait la somme des détails "légendaires" que Robin a avalisés plus ou moins sournoisement et sans lesquels son livre n'aurait pas eu le moindre succès...

A propos du supposé voyage à Paris de Saunière et de ses parchemins, les Corbu Captier ont prétendu sortir des papier des Saunière un plan de Paris censé dater des années 1890. je n'hésite pas à dire qu'ils se sont foutus du monde et bien sûr personne ne les a contredits. Or j'ai dégoté sur Internet une série de plan de Paris et j'ai trouvé des exemplaires de 1890-1891 qui n'ont pas du tout la même allure tant en ce qui concerne le type de dessin, sans même parler du papier qui est trop blanc pour être honnête. En plus on y trouve des traces de ruban adhésif suspect. Or à partir de 1896 on a les voyages documentés de Saunière et son trois ou quatre ne sont pas documentés quant à la destination, il n'existe aucune mention d'une montée à Paris. Mais si ma mémoire est bonne, Robin est allé jusqu'à cautionner une fable à propos de Emma Calvé la fameuse cantatrice en vogue à l'époque : Saunière aurait payé ses dettes en remerciement d'avoir pu la sauter. En vérité il n'existe pas la moindre preuve qu'elle soit venue chanter à la villa Béthanie quoique l'on fasse dire à des paroissiens qu'ils l'auraient entendu faire ses vocalises dans le parc...

La difficulté de l'entreprise consiste donc à filtrer et rejeter tout ce qui relève d'inventions pures et ce n'est pas simple. Notamment en ce qui concerne la questions des épitaphes qui auraient été trafiquées par Saunière et qui sont censées renvoyer à la fameuse Arcadie et à un tableau de Poussin. Or si Saunière avait pu visiter le Louvre, il n'aurait pas pu acheter la reproduction de ce tableau et de quelques autres : ce genre d'article n'existait pas ! Si donc une bonne âme pouvait débrouiller cette question à partir de ce qu'on sait de la visite d'un certain groupe archéologique de l'époque, cela m'enlèverait une épine du pied.

Je m'empresse de souligner que l'histoire d'un tombeau du Christ ou de Marie Madeleine dans le secteur, et plus encore celui de la survivance de la lignée mérovingienne n'a strictement aucune consistance. Marie Madeleine a bénéficié à l'époque d'une culte plus ou moins local, au même titre qu'un projet d'association de dévotion au profit du Sacré Cœur.

Enfin, il n'y a strictement rien à dire sur l'ornementation de l'église de Rennes si ce n'est que le fait d'avoir disposé de beaucoup d'argent a permis à Saunière d'étaler un mauvais gout qui tend à offenser nos yeux. Mais il n'y a aucun "message" à rechercher dans les travaux de Giscard le statuaire de Toulouse. c'est du reste à ce très mauvais goût que se limite la connexion de Rennes avec des "saint sulpiceries"... Mais des plaisantins n'ont pas manqué de repeindre des motifs pour tenté d'abuser le pauvre monde. On parle à ce propos d'un tissu écossais. Quand à  la fameuse "rose croix", l'ornement de la tombe du malheureux curé Gélis qui fut mystérieusement assassiné, c'est un motif banal qui n'a rien à voir avec un quelconque emblème rosicrucien. D'autre part, si la confession de Saunière rendu à l'article de la mort aurait tant effrayé le confesseur ça peut s'expliquer rien que par l'aveu du trafic de messes... de toutes façon le papier à cigarettes de marque Tsar et la mention d'une Angélina nous éloignent de Rennes mais enfin dans ces cas là on n'est jamais embarrassé pour tenter de solutionner le problème et c'est ainsi qu'on a trouvé une Angélina dans une maison close du secteur. Sauf qu'on n'a pas la moindre preuve que Saunière ait fréquenté ce bouge bourgeois...

Le seul livre crédible dont il faut partir est celui d'Octonovo, savoir Rennes le Château, une affaire paradoxale. A ce propos, la préface d'Antoine Captier est assez caractéristiques qui montre bien que si l'auteur a du s'approprier cette caution locale pour être considéré, son préfacier s'est efforcé de neutraliser certains points du dynamitage auquel s'est livré Octonovo. Détail qui a achevé de me convaincre qu'au moment du tournage du film sur Da Vinci Code, c'est un plan de Paris tout à fait "apocryphe" que l'on a sorti du néant...

Concernant le spectre de Marie Madeleine qui est censé hanter les abords de Rennes le Château, c'est la chasse gardée d'un certain Christian Doumergue, sorte de jeune séminariste fringant qui en est follement entiché. L'un de ses livres ne manque pas de charme mais c'est complètement hors sujet.

Il me reste à faire une remarque à propos des travaux d'un architecture belge qui s'est intéressé à l'église de Rennes.

Voir http://www.rennes-le-chateau-la-revelation.com/interview-saussez.htm

Saunière a caché les murs d'origine par un parement de briques, soit disant pour harmoniser le volume mais ce parement avait surtout pour but de planquer le ou les accès à une vaste crypte comportant des dépouilles anciennes. On a des raisons de penser que Saunière a pillé ces dépouilles car il a offert un ciboire ancien à un collègue et des bijoux assez archaïque à une autre personne. Il est possible également qu'une salle attenante à cette crypte aurait recélé des reliques lors du repli de l'évêque de l'époque une période reculée où le village était encore une sorte de forteresse mais elle auront forcément été déménagée lorsque la période d'exil du prélat a pris fin... Mais si trésor il y eut non seulement il aura été relativement modeste mais de toute façon il s'est envolé. des fouilles s'imposent et on ne trouvera guère que de quoi préciser un peu l'histoire de cette église.

Voilà le résumé des conclusions auxquelles je suis arrivé et si je ne trouve pas le courage de les développer, il me semble que cela peut bien suffire...

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