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Des nouvelles de la "Grande Triade" (en fait d'un transfuge d'icelle)...

tablier-symbolisme.pngJe viens de recevoir un email dont le contenu est le suivant :

Une telle déclaration m'a mis un peu de baume au coeur d'autant plus qu'elle survient au moment où un mauvais plaisant me menace de représailles judiciaires.

Faire la part de la jobardise

Pour ce qui concerne ces articles sur la Maçonnerie cités ci-dessus, je n'ai pas encore eu le temps de les lire. Je suis simplement très honoré qu'un ancien membre de la fameuse "Grande Triade" m'informe qu'il a suivi mes publications de longue date. S'il n'a pas eu les CRET en version papier, je lui enverrai la version numérique sur simple demande.

Je n'ai pas de raison de doute de la qualité d'ancien membre de la fameuse loge. Je vois que son nom n'est pas inconnu sur le Web et qu'en plus des articles évoqués, on trouve des vidéos sur les mêmes sujets et en particulier sur l'imposture de la maçonnerie chrétienne opposée à une version laïque.

Ma première impression est que cet auteur parle peut-être un peu trop des "illuminatis". Je ne pense pas qu'il soit nécessaire d'envisager les choses sous l'angle d'un complot pour faire un sort la Maçonnerie en général. D'abord c'était une initiation de métier. En se transformant en société de pensée plus ou moins suspecte, cette organisation a forcément perdu le peu de ce qu'elle a pu comporter en matière initiatique. Je vois surtout la maçonnerie comme étant surtout l'affaire d'un ramassis de jobards. Se laisser prendre n'est dès lors que l'on finit par "en revenir".

Quoiqu'il en soit je vais lire ces articles, il s'y trouve probablement des choses intéressantes à noter.

Un livre victime de la censure guénonienne

Je ne connaissais pas le livre d'Alice Joly sur Willermoz et Cie. Un autre lecteur de la première heure vient de m'en parler en ces termes :

Je signale en passant que le livre de Joly est un chef-d'oeuvre d'historiographie, vraiment un grand bouquin et de plus rédigé non sans un certain humour british; je l'ai lu et le recommande absolument à qui veut saisir les mentalités du XVIIIème féru de systèmes maçonniques, de "fluides"universels, de somnanbulisme et de doctrines cachées. Daudet causait du "stupide 19ème siècle" mais question délires occultes le XVIII ne fut pas en reste.
 
Notez que le livre en question qui fait 374 pages est intégralement disponible sur Gallica. Si vous avez une "tablette" pas besoin de gâcher du papier. Je vous recommande cependant de vous procurer un cordon USB de mise à la terre car la pollution en volts/mètre que ça dégage. Eteignez la Wi-Fi et le Blue machin si c'est possible
 
Joly, chartiste chevronnée, qui pourtant n'appartenait pas à une tendance anti maçonnique, montre de façon implacable les duperies, mesquineries, et pratiques et théories soit absurdes soit carrément sinistres qui circulaient dans la FM. Après une telle lecture il faut vraiment avoir une sorte de foi aveugle pour croire à la valeur "initiatique" de cette organisation, ou du moins du RER, de la Stricte Observance et des histoires d'héritage templier.
 
Détail marrant: Joly raconte bien que l'une des raisons pour laquelle Hund et son entourage de l'Observance voulait tant se prétendre successeur  des Templiers, à part le fait que comme il l'était écrit sans ambages dans un document d'époque intra maçonnique : "parce que ce genre d'histoire plaît aux maçons", l'un des buts d'ailleurs avoué était de ... réclamer aux Hospitaliers la restitution des biens à eux octroyés suite à la dissolution de l'ordre du Temple; bref une simple histoire de gros sous. L'argent joue d'ailleurs un rôle important dans ces histoires initiatiques du XVIII, avec aussi les histoires disons "galantes" pour rester poli.

Magie noire sur fond d'animaux noirs

Le fonctionnement de nos "sectes" modernes était déjà présent pour l'essentiel. Pour les Elus Coen, Joly, documents à l'appui, montre ce qu'était le rite d'admission exigé de M. de Pasqually pour les impétrants: il s'agissait de magie noire le rite consistant à brûler des têtes d'animaux noirs entre autres. Le reste n'est que doctrine dualiste néo gnostique très marquée de judaïsme dévié et la "réalisation" promise réduite à de simples phénomènes (la célèbre "Chose") : lueurs, frôlements, visions diverses, "batteries", bref on était pas encore dans le spiritisme à venir mais pas très loin. Toute la FM de l'époque était du reste piquée de "phénomènes" (cf l'acmé du Mesmérisme) et il est assez choquant de voir que Guénon n'en persiste pas moins à considérer cela comme initiatique même si incomplet. Alors que les "mystiques" seront eux considérés comme dépendants des phénomènes (ce qui est faux evidemment, et le terme "mystique" ou "mysticisme" ne veulent rien dire)
 
Je me suis d'ailleurs de nouveau félicité d'avoir échappé à mon entrée chez les Frères ***; j'en ai eu l'occasion à une époque mais un bon gros sensus fidei m'a dissuadé de perdre mon temps dans des loges.
 
Il y a une chose de fort désagréable que j'ai ressenti en relisant le compte-rendu de Guénon sur le livre de Joly, c'est :
 
1) qu'il omet ce qui fait la vraie valeur du livre: les preuves données sur l'absence de valeur spirituelle des milieux maçonniques de l'époque ou les biographies plutôt compromettantes de Pasqually et Willermoz (qui était un genre de benêt en fait) et
 
2 ) qu'il "neutralise" cet ouvrage avec les procédés habituels :
 
a) on dit que le point de vue "profane" de Joly l'empêche de voir la réalité (sans rien préciser de plus d'ailleurs).
 
b) on relève 2 ou 3 erreurs de détails (même de typo) pour subtilement mettre en doute la valeur générale de l'ouvrage et le tour est joué. Si on usait du même procédé pour les bouquins de pas mal d'ésotéristes on irait beaucoup plus loin c'est certain : mais là non impossible : toute critique est neutralisée sous l'étiquette "ineffable".
 

La malhonnêteté de René Guénon n'est pas douteuse

Devant un pareil exemple, il est impossible de douter d'une bonne dose de mauvaise foi de sa part. Ce n'est hélas  qu'un des exemples les plus criants. Il faudrait avoir le courage de compiler un Sottisier de l'oeuvre de René Guénon. Il suffirait pour cela d'organiser les trouvailles en les classant par mots clefs. J'avoue que tout cela m'a lassé à tel point que j'estime en avoir assez oeuvrer au bénéfice de la salubrité publique.

Je crois pour ma part que le fait de se borner au genre de constat dont on vient d'avoir un aperçu est suffisant pour neutraliser l'influence de ce genre d'influence. Prêter à la Franc Maçonnerie une puissance de conspiration me parait assez dangereux, c'est, je le crains lui faire un peu trop d'honneur car si on peut y relever la traces de choses et de théories plus que suspectes il faut se poser la question du degré d'intention. Je préfère croire que le mélange de jobardise et d'arrogance des gens en quête de "pouvoirs" suffit sans doute à expliquer les amalgames plus ou moins sulfureux que l'on peut apercevoir ici et là. Je préfère pour ma part mettre l'accent sur le ridicule de certaines "mômeries" qui n'ont jamais pu cadrer avec l'idée que l'on peut se faire de la "spiritualité". Cela me semble finalement plus efficace.

Actualité willermozienne

Il m'a été dit récemment qu'une loge willermozienne aurait joué un rôle occulte dans la promotion d'un certain Pierre Plantard connu pour son rôle déterminant dns le "soufflé" que constitue  l'affaire de Rennes le Château. Or ce que l'on peut lire sous la plume d'Alice Joly va dans le sens de cette thèse... André Touzet a bel et bien démontré que le curé Saunière avait un pied à terre à Lyon. Il semble qu'il se soit intéressé au Mont Pilat où il existait une peinture représentant Marie Madeleine qui semble avoir inspiré une copie à Rennes mais je ne pense pas qu'il y ait quelque chose de fabuleux à découvrir de ce côté. Je vais essayer de faire un compte-rendu de la trilogie de Patrick Berliet sur la fameuse société angélique mais en attendant ne dépensez pas un sou pour ces ouvrages, ils sont sans grand intérêt. Tout ce que j'ai appris de sérieux sur ce chapitre se trouve dans un petit livre d'un certain Godwin sur La régle de quatre.

J'ai exploité des renseignement disponibles, dans un tout autre domaine, sur le fameux R.P. Martin de Hauteclaire dont Jean Robin avait fait ses choux gras comme coach des "compagnons" supposé d'un célèbre général. Je suis heureux d'apprendre qu'un auteur, encouragé par mon article, qui a poursuivi l'enquête sur ce personnage s'apprête à publier un ou plusieurs articles au sujet de cet imposteur. Force est de constater que ce que j'ai semé est en train de germer, on finira peut être par m'accorder que si mon style est fort peu académique et très peu protocolaire, je ne raconte pas d'histoire et que tout ce que j'écris est bien documenté.

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